Sincèrement, à quoi bon ?
Sincèrement, à quoi bon ?
Qu’est-ce qu’on met dans nos carnets ?
Qu'est-ce qu’on cherche, crayons et pinceaux en main ?
Qu’est-ce que JE cherche, à dessiner comme ça, jour après jour, et pas toujours dans la joie et la bonne humeur (tant l’auto pression est prompte à s’enclencher) ?
C’est ce que je vous propose d’explorer dans cette 3 ème Newsletter.
Qu’est-ce qu’on met dans nos carnets ? Qu'est-ce qu’on cherche, crayons et pinceaux en main ?
Qu’est-ce que JE cherche, à dessiner comme ça, jour après jour, et pas toujours dans la joie et la bonne humeur (tant l’auto pression est prompte à s’enclencher) ?
C’est ce que je vous propose d’explorer.
Si ce format, plus posé qu’un post Instagram, vous plait, n’hésitez pas à l’envoyer à un ou une amie, d’une part pour m’aider à faire connaître mon travail, mais aussi éventuellement pour échanger avec d’autres créatifs sur ce sujet.
Alors pourquoi commencer un carnet ? Pour l'écriture, il me semble que c’est la suite naturelle de ce que l’on nous a enseigné à l’école : un cahier, un stylo, et (pour certain·es) c’est parti.
Mais pour le dessin, la peinture ? En général, c’est une pratique qui se commence sur des feuilles libres, soigneusement conservées (ou pas) par la famille. À l’école, parfois, les dessins sont dans le cahier de poésie, mais dès le collège, puis au lycée, si il y a un cours d’arts plastiques, on revient aux feuilles libres et (signe extérieur « d’artisterie ») au carton à dessin. « )’Ce n’est que bien plus tard et seulement pour certaines personnes, que les carnets apparaissent.
Les plus connus sont les carnets de voyage, ils ont été pratiqués bien avant la photographie, ils sont logiques et fonctionnels, se glissent dans une poche et les dessins et aquarelles y apparaissent en général pour compléter les notes d’observation.
Ces carnets permettent de consigner, relever, noter, coller, les découvertes et émerveillements de ces voyages. Autrefois réservés aux explorateurs, puis rapidement aux riches personnes qui avaient le loisir de voyager longuement pour alimenter leur soif de culture exotique, et au retour briller en société, ces carnets de voyage, même si nous sommes maintenant loin de cette époque, ont toujours cours et sont devenus une activité à la portée de chacun·e, quelque soit d'ailleurs le voyage, lointain ou non.
Reférences : les carnets de Lapérouse, de Delacroix, de Pierre Loti, de Mathurin Méheut, de Titouan Lamazou
Une autre sorte de carnet, c’est le carnet d’artiste. Notes, pensées, idées, croquis, collages, ces carnets-là sont comme un cerveau annexe, une base de données personnelles et codées, une banque intime de possibles à explorer et à utiliser pour sa production artistique. Cette pratique créative en carnet est d’ailleurs une des première consigne donnée à l’entrée des écoles d’Art. Il est attendu des étudiants de prendre l’habitude de remplir, en dehors de leurs cours, un carnet de recherches et de visualisations, figuratives ou pas.
Ces carnets d’artiste sont une sorte de pont, de passage entre le réel de la vie et de l’actualité, et le monde créatif de l’artiste qui va se servir de ce qu’il ou elle absorbe pour créer et donner à voir, à percevoir et à penser à celleux qui viendront voir son travail.
Références : Je pense aux carnets de de Léonard de Vinci, de Charlotte de Maupeou qui peint des portraits dans des livres de comptes anciens depuis des années, à ceux de Frida Kahlo, d’Henri Matisse, etc.
J’identifie une troisième famille de carnets, que je connais moins, parce que je ne le pratique pas : les carnets de Journaling ou Goalbook. Hybrides entre l’agenda et le carnet créatif, ils sont souvent proches d’un éphéméride ou un almanach, sorte de calendrier codé personnel qui permet, tout en explorant des procédés graphiques et des joujoux de papeterie de consigner ses objectifs, ses projets et leurs évolutions.
Les carnets d’artistes s’en approchent d’ailleurs parfois d’une manière très libre, par des rituels et des objectifs de pratique récurrente sur des périodes plus ou moins longues. Sorte de Journal graphique, ou Visual Diary en anglais, ils sont un lieu d’exploration et de mémoire qui institue une pratique ritualisée ancrée dans le quotidien et la répétition.
Références : Allez voir ce que fait Rebecca Green, ou HelenC Stark, ou encore Giorgia Lupoi et Stéphanie Posavec.
Et donc, nos carnets ?
Qu’est-ce qu’on y met et pourquoi ?
Certains de nos carnets sont clairement des carnets de voyages, linéaires pour le parcours et la temporalité, ils fixent nos vécus et des moments sélectionnés en nous offrant le temps du dessin, et paradoxalement, une déconnexion de notre quotidien et de ses contraintes tout en encapsulant intensément l’émotion, les odeurs, la météo, les bruits du moment dans la page.
Comme le croquis (même quand on est rapide) impose de prendre son temps, la pratique du dessin a le pouvoir de retenir le temps, de capter les sons et les parfums, et quelque soit la dextérité du geste, d’encapsuler dans le papier, des futurs souvenirs qui seront consultables à loisir de retour à la vie quotidienne.
Un des pouvoirs magiques du carnet est de conserver comme des « time-capsules » les instants qu’on lui confie. Et comme, en passant aux pages suivantes, on fait « disparaître » nos productions, on occulte au fur et à mesure, sans détruire, nos insatisfactions qui deviennent les fondations de nos avancées graphiques.
Un autre est d’encoder (consciemment ou non) ce que l’on y dépose, le croquis d’un café en terrasse raconte peut-être une rencontre en particulier, mais même si l’émotion est perceptible dans le dessin, aucune indiscrétion ne sera révélée à moins que l’on accompagne oralement la page d’un commentaire.
Ils sont un moyen efficace de progresser dans notre art, sans forcément y prêter attention ou intention, mais en jetant un œil aux carnets précédent, on a souvent la démonstration de nos avancées.
Nos carnets sont patients : libre à nous de les reprendre exactement là où nous les avons (pour mille bonnes raisons) abandonnés, et repartir d’un trait nouveau.
Nos carnets fixent nos vies, parfois avec plus de contrastes, ou encore plus de couleurs, et peu importe nos outils, la qualité de nos papiers ou notre dextérité. Ils savent absorber nos coups de mou, et gonfler ou regonfler notre égo quand on en partage des passages avec la communauté des sketcheurs, que ce soit en physique pendant les rencontres USK pour ceux qui les pratiquent, ou par les réseaux sociaux.
Attention, malgré toutes ces qualités, ils peuvent déclencher le syndrome du carnet parfait, ou carnet figé. Personnellement, je trouve qu’il faut se méfier de cette envie qui peut être écrasante, ou même bloquante, et qui a tendance à figer la pratique dans une manière de faire maîtrisée (et non plus exploratoire) parce qu’on pense au bon résultat qu’on veut obtenir. Au mieux, le carnet est uniforme comme un livre, au pire, en cas de ratage, on referme le carnet et on s’en veut, voir on arrête de produire.
Pourtant, la destinée de nos carnets est de s’aligner, au fil des ans sur une étagère, loin des yeux et des critiques, conservant les trésors qu’ils contiennent assoupis dans leurs pages, et c’est comme ça qu’on les aime. Ils sont intimes, rassurants et consultables éventuellement, on les partage ou les montre seulement si on veut, et à qui on veut,on publie, là encore, on ne dévoile que ce que l’on veut (vive les cadrages).
Vous aussi vous avez ce petit stress (émulation?) des dernières pages qui pousse à s’assurer qu’un carnet suivant est disponible et qu’on ne va pas tomber à court de support, tout en ayant face à la première page du suivant, qui n’est pourtant souvent pas le premier, une soudaine timidité un peu encombrante
Alors, à ce faux doute sur le bon de nos carnet, je répondrais que justement, nos carnets sont tous une merveilleuse aide à vivre, page après page, jour après jour, moment après BON moment, aussi dérisoire soit-il.
Sur ce, bon dessin en carnet ou pas ;)
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Vous aimez ma façon de peindre et dessiner ? Venez pratiquer en Touraine avec moi et profiter de mes conseils, j’organise des stages et retraites qui permettent en quelques jours de franchir quelques paliers.
À l’occasion des rencontres nationales USK à Rouen, j’organise deux ateliers, un le jeudi soir devant la cathédrale (il reste quelques places) et un le samedi matin au marché place st Marc (complet).
En Juin, du 12 au 14 je serai à Chartres, à l’invitation d’Aurélie Liham qui organise un stage de 3 jours, contactez-la si vous êtes intéressé·e par ce créneau.
Bonus tips :
Vous ne dessinez pas mais vous avez envie de vous y mettre ? Procurez-vous un petit carnet, A6 c’est parfait pour commencer, un D&S de chez Hahnemühle par exemple c’est très bien, un bic ou un feutre qui traine, et zou. Un dessin par jour (10 à 15 min) de quelque chose qui est devant vous. Pas d’auto-critique, ne montrez ce que vous faites à personnne et ne cherchez ni les critiques, ni les compliments, ne faites que de la pratique. Faites-le pendant 30 jours, vraiment. Vous serez impressionné·e par vos progrès, promis.
Plus de carnets ? Le Paon a publié un très chouette article de blog sur ce sujet : https://blog.le-paon.com/5-carnets-d-artistes-a-decouvrir/
Sincèrement, l’auto-critique, ça vous parle ?
Cette fois-ci c’est de « ratage » et d’insatisfaction dont j’ai envie de vous parler.
Non mais sincèrement, qui a dit que c’était raté ? Vous ??? Alors laissez-moi vous dire deux mots : que cherchez-vous quand vous dessinez (ou faites quelque chose qui vous tient à cœur) ? L’exécution parfaite, ou le plaisir de faire ?
D’ailleurs, est-ce que vous savez définir exactement, précisément, ce qui sera considéré immédiatement BIEN par vous-même ? Vous êtes d’accord que c’est très difficile à déterminer, non ?
À l’inverse, on est souvent rapide à décréter RATÉ ce qu’on vient juste de produire, n’est-ce pas ?
Cette fois-ci c’est de « ratage » et d’insatisfaction dont j’ai envie de vous parler.
Cette « nouvelle lettre » sera donc uniquement illustrée de dessins que JE considère ratés, et que donc, que je n’ai probablement jamais publiés.
Non mais sincèrement, qui a dit que c’était raté ? Vous ??? Alors laissez-moi vous dire deux mots : que cherchez-vous quand vous dessinez (ou faites quelque chose qui vous tient à cœur) ? L’exécution parfaite, ou le plaisir de faire ? D’ailleurs, est-ce que vous savez définir exactement, précisément, ce qui sera considéré immédiatement BIEN par vous-même ? Vous êtes d’accord que c’est très difficile à déterminer, non ? À l’inverse, on est souvent rapide à décréter RATÉ ce qu’on vient juste de produire, n’est-ce pas ?
Rater quand on débute, quoi de plus normal ?
Puisqu’on a jamais ou peu pratiqué, pourquoi vouloir un résultat immédiat, comme par magie ? Ou plutôt, puisqu’on débute, pourquoi écouter cette petite voix critiqueuse et lui accorder du crédit ? C’est plus que normal de bredouiller avant de s’exprimer avec éloquence, griffonner avant d’épater la galerie avec un trait magistral, etc. Franchement, il faut la bâillonner cette fausse amie qui dispense des avis non sollicités et plutôt donner du crédit à ses ressentis pendant le moment. Est-ce que l’expérience était agréable, apaisante, stimulante, instructive, enrichissante, partagée, etc. Est-ce qu’on a perdu la notion du temps qui passe, est-ce qu’on était connecté·e au monde, aux personnes à côté de nous ? Est-ce qu’on a oublié son téléphone pendant ce temps ? Est-ce qu’on a envie de recommencer ? Ça, ce sont les notions qu’il faut recueillir et écouter, et sur lesquelles il faut s’appuyer. Elles sont constructives. Nous le savons bien, c’est d’une pratique régulière et consciente, soutenue par des encouragements, (y-compris de soi-même) que viennent les progrès, bien plus et bien mieux que des critiques. Et ce, quel que soit le domaine.
Nous sommes en général dans cette empathie pour notre entourage, alors pourquoi nous traiter différemment ?
Ne jamais oublier que tout s’apprend, pour peu qu’on y consacre du temps, de l’envie et de l’énergie ; le dessin et ses corollaires ne font pas exception.
Et quand on n’est plus novice ?
Que penser de cette impression trop fréquente d’avoir raté, fait du mauvais boulot ?
Menez une petite enquête autour de vous et vous allez voir que l'insatisfaction est un sentiment, une sensation même, assez universelle, quel que soit le niveau des personnes et surtout à chaud.
Il me semble que le plaisir du dessin se situe aussi dans l’infini des possibilités, des techniques, dans cette complexité d’exécution sans cesse renouvelée, dans ces défis que l’on se lance dès qu’un but ou une technique est à peu près acquise. Je gère la notion de volume ? Ah oui mais la lumière ? Les proportions c’est bon maintenant, mais la couleur ? Etc. Je vous laisse continuer, vous savez faire, n’est-ce pas ?
Rater, louper, c’est le signe d’une pratique vivante, en mouvement, c’est caractéristique des prises de risques et des expérimentations. C’est à mon avis la manière la plus efficace pour progresser.
Vous avez remarqué comme certains artistes reconnus se sont tout à coup figés dans une manière de faire, comme coupés dans leur élan ; et d’autres, tout en étant parfaitement reconnaissables, ont durant toute leur vie expérimenté et évolué, l’inspiration les guidant sur un chemin merveilleux.
Quand on rate, le premier réflexe est d’effacer et recommencer. La gomme est votre amie pour ça. Votre « amie » jusqu’à ce que vous réalisiez qu’elle est l’alliée de votre voix critiqueuse qu’elle flatte et renforce. Laissez-là donc au fond de votre sac (ou votre cave) et essayez plutôt d’avoir le crayon ou le pinceau léger, superposer les traces, les essais, vos progrès. Vous verrez votre trait s’affermir, prendre de l’assurance, grandir ; et la présence des premiers traits peut-être insatisfaisants permet d’une part de rectifier en ne repassant justement pas au même endroit, et d’autre part de nourrir le résultat final en lui apportant un charme et une authenticité incomparable et ultra personnelle.
Pensez juste à crayonner léger et clair pour ne pas charbonner votre feuille. Vous verrez que vous allez rapidement alléger cette étape et prendre confiance dans votre main, votre regard et votre trait.
Je crois aux bienfaits des « ratages », pas dans le sens de l’autocritique exacerbée (je crois que vous avez saisi mon avis sur le sujet), mais dans le sens de « puisque cette voix parle de l’intérieur, apprenons à faire avec elle ». « Rater » est révélatrice d’une quête d’exigence, une énergie tendue vers la progression, on va l’utiliser pour ça, mais il ne faut pas lui laisser prendre toute la place.
Voici quelques clés pour canaliser cette voix si vous la trouvez trop bruyante :
Museler/bailloner l’autocritique tant qu’on est en période d’apprentissage (ça peut être au début d’un nouveau support, comme d’un nouveau médium). Puis de temps en temps, simplement pour se faire des vacances (c’est le plus difficile à faire).
Ne pas l’écouter à chaud (c’est le moment où elle est la plus virulente), mais attendre au moins 24 h pour arriver avec un œil neuf sur sa production et éventuellement rectifier ,( ou simplement remarquer ce qui aurait pu être fait autrement.
Accepter de rater pour avancer, évoluer, changer et prendre le temps de comprendre ce que la sensation d’échec enseigne.
Accepter de rater pour REFUSER d’arrêter ou laisser tomber, alors qu’on est EN CHEMIN, et s’accorder, tout simplement, le plaisir de FAIRE.
Accepter de rater pour moins scroller et plus risquer.
Accepter de rater un peu pour réussir beaucoup.
Alors bien sûr, on fait comme on peut avec son niveau d’autocritique. En écrivant ce qui suit, je ne veux pas stigmatiser comme certains articles de développement personnel, qui affirment qu’on aurait le contrôle sur ses pensées et qu’on aurait la possibilité de décider d’aller mieux, peuvent le faire. Je veux juste vous proposer une piste de réflexion pour aider à juguler l’autocritique quand elle se fait trop invasive.
Question :
Est-ce que cette façon instinctive d’accueillir souvent négativement (de prime abord) sa production ne serait pas une sorte de facilité presque rassurante, une manière de se complaire dans une autocritique exacerbée, un peu comme au collège, où il était plus fédérateur de critiquer les non-copin·es que de complimenter simplement et sincèrement ses camarades (je sais on utilise plus ce mot).
N’oublions pas qu’en critiquant, on se place au-dessus, en « censeur » ou en sachant, et comme notre cerveau aime bien dominer, il a la critique facile. En bon non-copain, (limite toxique ?) il nous laisse entendre que c’est pour notre bien, pour que nous progressions, ou pour que nous arrêtions de nous ridiculiser, et stoppions dès à présent (avant même d’avoir essayé) cette nouvelle activité, et revenions à des tâches plus utiles et sérieuses ( travail, famille,… ;-) )
Je vous mets en fin de post le lien vers un article de Sciences et Vie qui explique les mécanismes de l’auto sabotage.
Accepter de rater, d’être imparfait·e, c’est prendre le chemin de l’expérimentation, de l’exploration, des prises de risques, et de ce fait, des progrès.
Je ne parle pas de l’auto complaisance, qui franchement guette bien peu de personnes ,et encore moins les femmes, mais d’une indulgence positive, d’une auto-emphatie accordée à soi-même comme un accompagnement bienveillant qui aide à progresser, à se développer, pas à pas, à conforter les acquis. Et surtout, à poursuivre.
On est pas là pour réussir, on est là pour FAIRE.
Et à force de faire …… on réussit.
Alors dites-moi, cette petite voix, elle vous laisse tranquille vous ? Vous la gérez ? Je suis curieuse de vous lire.
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Lien vers l’article de Sciences et Vie sur l’auto sabotage https://www.science-et-vie.com/corps-et-sante/lauto-sabotage-pourrait-avoir-une-fonction-protectrice-insoupconnee-223148.html
Sincèrement, l’inspiration, d’où nous vient-elle ?
Sincèrement, d’où nous vient l’inspiration ?
En vrai, je ne suis même pas certaine de savoir vraiment répondre, ou plutôt, PRÉCISÉMENT répondre. Mais j’ai eu envie pour ma « première » newsletter d’aborder avec vous ce sujet.
Sincèrement,
d’habitude, ce mot est utilisé pour clore une missive, mais là, c’est le ton entier de cette lettre-nouvelle que j’ai eu envie de confier à ce mot. Vous êtes mes premières et premiers abonné•es, et vous me connaissez un peu depuis le temps qu’on partage autour de la créativité, des coups de cœur, et des valeurs, (qu’elles soient graphiques ou humaine), alors je crois que cet angle ne vous surprendra pas.
Pour se lancer, il faut prendre une bonne inspiration, je me suis dit que ça faisait un bon sujet pour débuter.
Bienvenue par ici !
Où est la source de l’inspiration ?
En vrai, je ne suis même pas certaine de savoir vraiment répondre, ou plutôt, PRÉCISÉMENT répondre. Mais j’ai eu envie pour ma « première » newsletter d’aborder avec vous ce sujet.
Est ce que tout commence avec ou par l’inspiration ?
Parfois j’ai l’impression qu’elle est là, comme un jaillissement fluide et que je n’ai qu’à m’inscrire dans ce mouvement, à respirer, profondément, humer l’air et les couleurs et dans ce flux, tout fait sujet pour moi. Du mimosa qui explose au dessus de la route, au panneau de signalétique au coin de la rue, à la vaisselle abandonnée dans l’évier, je vais me repaître de tout ce qui va se présenter sous mes yeux. Couleurs, formes, reflets, tout va me parler et le temps va me manquer pour attraper toutes ces opportunités graphiques, mais mon mental, mon humeur et ma joie vont se nourrir de toutes ces possibles image/croquis/oeuvres.
À d’autres moment, pourtant, l’inspiration semble avoir disparu.
Plus rien de fait sujet, le bouquet magnifique semble vu et revu, mon mug de café me laisse de marbre et même le rayon de soleil sur les premières jonquilles au pas de la porte ne me fait pas sortir mon carnet. Quand c’est comme ça, on a vite l’impression que c’est définitif, en tout cas c’est ainsi qu’il je le vis.
Et puis, comme les marées de l’atlantique, le désir revient. Souvent sans crier gare. Une conversation inattendue et chaleureuse au coin de la rue, un moment partagé dans un bistrot chouchou, une bonne nuit de sommeil, une promenade vivifiante, et l’appel du carnet est de retour.
Avec les années, j’ai appris à ne plus m’en faire une montagne, je sais que ces périodes parfois déroutantes (démoralisantes?) sont des temps de latence, des espaces où inconsciemment les batteries créatives se rechargent. J’ai remarqué que mes acquis techniques ne s’évanouissent pas, ils restent disponibles, comme mûris et solidifiés par ce temps de pause.
Bien sûr, dans mon cas, la création est centrale dans ma vie, que ce soit professionnel, ou personnel (comme une pratique de loisir) alors ces périodes de reflux ne durent jamais trop longtemps, et surtout j’ai quelques tics pour relancer la machine si je trouve que « ça fait trop longtemps ».
Alors voici quelques-unes de mes tactiques pour rallumer le feu :
Ouvrir un livre d’art sur un ou une artiste que j’aime et copier une oeuvre ou me laisser inspirer par leur impulsion.
J’ai quelques booster comme par exemple Mathurin Méheut, ou Maurice Denis, ou encore Berthe Morisot, pour les classiques, et plus actuel, ça peut être un livre sur Claire Tabouret, ou Nathanaelle Herbelin. Un livre ne déclenche pas les mêmes ressorts créatifs qu’une vidéo ou un post Instagram, je trouve que l’énergie est plus posée, plus lente et invite à explorer en prenant son temps.
Ouvrir mon dossier « inspiration » où j’enregistre des publications « whaou » qui me stimulent et où je sais trouver l’impulsion pour les jours sans.
Quand je scrolle sur Instagram, comme mon fil est principalement constitué d’abonnements créatifs, je tombe parfois sur des publications encore plus Whaou que les autres et qui sont comme des bonbons visuels, ce n’est pas forcéments des œuvres, ce n’est pas toujours logique ou construit, mais ça me donne une irrépressible envie de faire « pareil », ou d’absorber ce que dégage le post. Ça peut être une image de mode, une photo d’intérieur, une œuvre picturale, une photo de nature, etc. J’ai pris l’habitude d’enregistrer ces posts dans un dossier « inspiration » que je devrait peut-être renommer « Trésors » tant j’ai l’impression d’être une pie qui amasse dans son nid.
Rejoindre un challenge en ligne et me laisser emporter (même juste quelques jours). Instagram regorge de propositions, tout au long de l’année, et si on ne les a pas répéré au moment où on en a besoin, un petit appel en story, et les infos affluent. C’est vraiment le côté généreux et stimulant que j’aime dans ce réseau social.
Lancer un challenge collectif, ce qui immanquablement m’oblige à une certaine régularité.
J’ai bien conscience que je bénéficie de l’effet « bonne communauté ». Je vois bien que depuis que mon compte s’est bien étoffé, l’effet de groupe pour ce genre de proposition est bien plus fort qu’il y a quelques années. Et même si le challenge ne parle qu’à à peine 1% de mes abonnés, ça donne déjà une belle énergie de groupe, stimulante et encourageante. J’adore ça et il en sort souvent de belles histoires, de nouvelles pratiques ou techniques, des rencontres enrichissantes.
Proposer une sortie croquis à une chouette copine.
Faire ensemble, en vrai, échanger sur nos pratiques, nos freins, ou nos obsessions, voir l’autre faire différemment, je trouve ça toujours très inspirant. C’est comme un shoot de créativité. Le risque est qu’on parle plus qu’on ne dessine, mais en vrai, ça n’a aucune importance, un vrai moment de conversation à cœurs ouverts est un booster de créativité dont il ne faut jamais se priver.
Me relancer l’injonction de « 1 par jour, 10 min chaque jour »
Alors ça, c’est la prescription hyper efficace quand on débute, ET pour se « remettre à l’ouvrage » tout au long de sa vie créative.
Ce que je remarque,
c’est que pour moi, l’inspiration partagée est plus forte, plus joyeuse et surtout plus durable, comme régénérée et stimulée par les productions des autres.
C’est probablement pour cette raison que la pratique Urbansketchers me convient si bien.
Et vous ? Est-ce que votre inspiration pour la passion qui vous anime fluctue ? Est-ce que cela vous affecte ? Avez-vous développé des tactiques pour la faire renaître ?
je suis curieuse de vous lire.
Comme vous le savez, cette newsletter est un petit début de… à vrai dire, de je ne sais pas encore quoi, peut-être une sorte de relation épistolaire entre nous ?
Alors je suis très sincèrement curieuse de vos retours et suggestions.
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